Comment j'ai quitté la Fast Fashion

 

En 2014 j'ai donné un autre virage à ma vie dans son ensemble.

Une prise de conscience non seulement sur moi même mais sur le monde qui m'entoure et la façon dont il tourne.

 

Certains me disent trop sensible, d'autres, trop réservée, en réalité j'observe pour comprendre.

J'ai sans cesse besoin d'apprendre et d'étendre mes connaissances sur des sujets spécifiques pour mesurer et ressentir l'impact que j'ai sur mon environnement pour pouvoir l'améliorer.

 

Je suis de ces personnes qui pensent que nous avons tous une cause à porter.

 

Cette cause elle peut te sauter aux yeux dès qu'elle se présente, et parfois il te faut plus de temps pour comprendre le réel chemin que tu devais emprunter. Quoi qu'il en soit, j'ai moi même rencontré cette cause il y a exactement 19 ans.

 

Elle n'avait pas du tout la forme qu'elle a aujourd'hui, je ne l'avais pas encore façonnée, chérie, travaillée et polie. Ma pépite n'était qu'au stade d'embryon, c'était une opportunité, une main tendue, une personne qui m'a fais confiance. 

 

J'ai été recruté sur un poste de vendeuse. A l'époque mon créneau c'était  la petite enfance , je n'avais jamais exercé dans le commerce .

 

J'ai intégré une enseigne de prêt à porter enfant et ce poste à changé ma vie.

 

C'était le début d'une grande histoire d'amour entre la vente, la mode des petits et moi.

 

J'ai appris sur le tas, je suis devenue passionnée.

 

Engagée à 200% comme dans tout ce que je fais , je n'ai pas compté mes heures, mes jours de congés non pris et les efforts pour arriver à un premier poste de responsable 2 ans après.

 

Au fil du temps, je me suis spécialisée dans le merchandising et la mise en valeur produits.

Et puis j'ai changé d'entreprise,  le premier coup de bambou s'est produit.

 

Je travaillais dans des proportions complètement différentes, passé d'une boutique à taille humaine à une enseigne de grande distribution j'ai vite été déboussolée.

 

Ce n'était pas pour moi, je ne me reconnaissais pas dans ce fonctionnement de masse.

 

Et pourtant, prise par mes obligations de maman solo, j'ai tenu le choc pendant 8 ans !

 

Durant ces huit années, j'ai appris biensûr mais j'ai surtout affiné ma vision de la mode et des ses rouages.

 

J'ai vu une évolution exponentielle du nombre de collections qui sortaient chaque année.

 

Fini les nouveautés saisonnières classiques, une nouvelle ligne arrivait tous les 15 jours. 

 

D'un métier passion je suis passé à un emploi fardeau. 

 

Des rayons plein à craquer, des milliers d'articles traités comme des chiffons, des clients toujours attirés par les nouveautés et leurs prix

cassés... j'étais sur une autre planète.

 

À des années lumières du métier qui m'avait passionnée et motivée à aller plus loin.

 

Je me suis même demandé comment nous pouvions encore voir des personnes sans rien à se mettre sur le dos alors que d'autres gavent leur placard pour n'en utiliser que 10% ! 

 

(Pour info avec la production exponentielle de vêtements nous pourrions aujourd'hui habiller 3 fois chaque être humain sur cette terre !)

 

Et puis est arrivé le moment où je me suis posée les bonnes questions et où j'ai surtout cessé de me voiler la face.

 

Non cet univers ne portait pas mes valeurs...

 

Des clients considéré comme des portefeuilles ambulants.

 

Aucune transparence sur les provenances ou la fabrication des produits

 

La seule directive ? Vendre toujours plus !

 

Un ras le bol m'a submergé, je me demandais si j'étais seule à voir ce que nous étions tous en train de promouvoir alors j'ai commencé à m'intéresser à l'industrie de la mode et ses conséquences sur notre monde.

 

J'ai pris conscience de l'ampleur du désastre auquel je participais, ça a eu l'effet d'une bombe sur moi.

 

Bien-sûr, comme toi sans doute j'avais connaissance des cadences de travail des ouvriers du textile en Chine ou ailleurs, mais d'autres aspects étaient encore bien étouffé.

 

La suite logique pour moi à été la démission. 

Et je peux dire que ça a été là meilleure décision que j'ai jamais prise!

 

Nous avons construis une mode tueuse et nous lui donnons de l'ampleur à chaque achat.

Comme si rien ne se passait, comme si nous n'étions pas concerné. 

 

On se donne bonne conscience en se disant qu'à notre échelle on ne peut rien faire.

 

Pas assez d'argent, d'infos ou d'impact.

 

On se dit que  c'est aux grands de ce monde de bouger... 

 

Mais les premiers acteurs de cette évolution néfaste c'est bien nous.!

 

Nous qui choisissons d'investir dans des articles qui pourrissent nos sols, tue nos lacs, empoisonnent des villages entiers, sacrifient des millions d'animaux pour simplement suivre les codes des dernières tendances éphémères. 

 

Pour moi, si je sais et que je  ne fais rien , je continue à participer à ce désastre...

Parce que l'habillement de masse c'est :

  • 140 Millions d'animaux sacrifiés
  • 93 milliards de mètres cubes d'eau nécessaires à la fabrication
  • 550 000 tonnes de colorants nocifs par an (qui finiront déversés dans les cours d'eau)
  • Des hommes contaminés par la manipulation des produits chimiques ( ils ne disposent d'aucune protection)
  • Une ouvrière du textile qui meurt tous les deux jours au Bangladesh : en cause l'hygiène et la sécurité des lieux de travail
  • Des réserves d'eau naturelles qui disparaissent (La mer Aral par exemple)
  • La pollution de l'air et de l'eau
  • Une destruction des habitats
  • La violation des droits humains
L'impact de la fast fashion sur l'environnement

De mon avis personnel, on ne peux pas fermer les yeux sur l'impact de notre mode aujourd'hui. 

 

Mieux consommer pour s'habiller c'est à la portée de chacun et il y a plusieurs et différentes façon de le faire selon nos moyens et nos convictions, 

 

C'est pour cette raison que cette plateforme est née !

 

PS :A lire : un article intéressant sur une partie de l'impact de l'industrie textile en Chine 

 

PPS : Une vidéo de River Blue International qui montre l'impact de la mode sur notre environnement...

 

Et vous la mode rapide, vous en pensez quoi ?

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Comment j'ai quitté la fast fashion Cheyenne Sauvage

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